Exonération taxe d'habitation 2018

À jour en Février 2018

Écrit par les experts Ooreka

La loi de finances pour 2018 instaure un nouveau dégrèvement de la taxe d'habitation, sous condition de revenus. Ce dégrèvement doit permettre, au bout de 3 ans, de dispenser environ 80 % des foyers du paiement de la taxe d'habitation. Les taux de dégrèvement respectifs des 3 années 2018, 2019 et 2020 sont de 30 %, 65 % et 100 %.

Tout occupant d'une habitation, s'il est dans les lieux au 1er janvier, est redevable de la taxe d'habitation pour l'année. Le calcul de la taxe d'habitation est fondé sur la valeur locative cadastrale et la situation du foyer fiscal. Il prend aussi en compte la contribution à l'audiovisuel public. Dans certains cas et sous certaines conditions, il est possible d'obtenir une exonération de taxe d'habitation.

Revenu fiscal de référence : exonération de la taxe d'habitation

Pour bénéficier d'exonération totale ou partielle de la taxe d'habitation, l'un des critères récurrents est de ne pas dépasser le revenu fiscal de référence selon le nombre de parts fiscales du foyer :

Nombre de parts Revenu fiscal de référence sur les revenus 2016 (Métropole)
1 part 10 708 €
½ part supplémentaire 2 859 €

Taxe d'habitation et exonération totale : les bénéficiaires

Ces exonérations se font sans démarche, mais sous conditions de ressources et de cohabitation. Différentes catégories de personnes peuvent être exonérées de taxe d'habitation.

Exonération de la taxe d'habitation : plusieurs types de bénéficiaires

Les personnes concernées :

  • les titulaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou l'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI) ;
  • les personnes âgées de plus de 60 ans ;
  • les personnes veuves ;
  • les titulaires de l'allocation adulte handicapé (AAH) ;
  • les personnes invalides qui ne peuvent pas subvenir à leurs besoins par leur travail.

Bon à savoir : une personne contrainte de quitter sa résidence principale, dont elle garde la jouissance, pour aller en maison de retraite, est exonérée de taxe d'habitation. Cette résidence ne doit cependant pas être affectée au logement de tiers.

3 conditions à réunir pour l'exonération de la taxe d'habitation

Ces contribuables doivent cependant respecter les 3 conditions suivantes :

  • ne pas être redevables de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI, remplaçant de l'ISF depuis le 1er janvier 2018) ;
  • vivre seuls ou avec leur conjoint, avec des enfants à charge fiscalement, avec des personnes titulaires de la même allocation ou avec des personnes dont le revenu fiscal de référence n'excède pas le plafond ;
  • ne pas disposer de ressources excédant le plafond du revenu fiscal de référence.

Exonération sans condition : les personnes indigentes

Les personnes en situation de grande pauvreté peuvent être exonérées de la taxe d'habitation sans condition. Pour cela, elles doivent être reconnues indigentes par la commission communale des impôts directs après avis conforme du service des impôts.

Exonération partielle de taxe d'habitation 2017 : le plafonnement

En cas de dépassement des plafonds de revenus pour une exonération totale, ces personnes peuvent toutefois bénéficier d'une réduction de la taxe d'habitation de leur habitation principale.

Plafonnement : conditions taxe d'habitation et exonération partielle

Pour bénéficier du plafonnement de la taxe d'habitation, deux conditions :

  • un revenu fiscal de référence (RFR) pour l'année précédente qui ne dépasse pas certaines limites ;
  • ne pas être redevable de l'impôt sur la fortune immobilière pour l'année précédente.

Taxe d'habitation et plafonnement : les limites du RFR

Les limites que le revenu de référence ne doit pas dépasser dépendent du nombre de parts retenues pour le calcul de l'impôt sur le revenu.

Limites du revenu fiscal de référence 2016 pour la taxe d'habitation 2017 en métropole :

  • 25 180 € pour la 1ère part du quotient familial ;
  • + 5 883 € pour la 1ère demi-part supplémentaire ;
  • + 4 631 € pour les autres demi-parts.

Exonération partielle de la taxe d'habitation : les abattements

Il existe 4 types d'abattements sur la taxe d'habitation.

Abattement pour les charges de famille : taxe d'habitation et exonération

Cet abattement obligatoire est accordé automatiquement à ceux qui peuvent en bénéficier. Il diminue la base d'imposition à la taxe d'habitation.

Il est accordé aux personnes (ou leur conjoint ou partenaire pacsé) qui ont à charge :

  • des enfants mineurs ou invalides, comptés à charge sur la déclaration de revenus ;
  • des enfants majeurs ayant demandé leur rattachement au foyer de leurs parents et habitant sous leur toit ;
  • des ascendants : parents, grands-parents, etc. âgés de plus de 70 ans, habitant sous leur toit et dont le revenu fiscal de référence n'est pas supérieur à 10 708 € pour la première part (+ 2 859 € par 1/2 part supplémentaire et + 1 430 € par 1/4 de part supplémentaire).

L'abattement accordé correspond à :

  • 10 % de la valeur moyenne locative des logements dans la commune concernée pour chacune des 2 premières personnes à charge ;
  • 15 % de cette valeur pour les personnes suivantes.

Taxe d'habitation et exonération partielle : abattement général à la base

Cet abattement est facultatif et ne concerne que la résidence principale. Il est décidé par une collectivité locale : commune ou intercommunalité.

Ce type d'abattement permet de réduire la base de calcul de la taxe d'habitation, c'est-à-dire la valeur locative du logement. Il est calculé à partir de la valeur moyenne locative des logements situés dans la collectivité qui vote cet abattement. Son taux peut être, selon le choix de la collectivité, compris entre 1 % et 15 % de la valeur locative.

Abattement spécial à la base pour les personnes modestes

Pour les personnes aux revenus modestes, la collectivité locale peut accorder un abattement spécifique compris entre 1 % et 15 % de la valeur locative moyenne des logements situés dans la collectivité.

Celui-ci peut se cumuler avec l'abattement général à la base. Les conditions :

  • la valeur locative de l'habitation principale ne doit pas dépasser 130 % de la valeur locative moyenne des habitations de la collectivité ;
  • ne pas dépasser les limites pour le revenu fiscal de référence (année N-1).

Taxe d'habitation et exonération partielle : handicap et invalidité

Cet abattement est obtenu sans condition de revenus sur délibération des collectivités. Son taux est fixé entre 10 et 20 %.

Il concerne les personnes suivantes :

  • titulaires de l'allocation aux adultes handicapés ;
  • titulaires de l'allocation supplémentaire d'invalidité ;
  • titulaires de la carte mobilité inclusion (CMI) avec la mention « invalidité » (ou de l'ancienne carte d'invalidité en cours de validité) ;
  • individus atteints d'une infirmité ou d'une invalidité les empêchant de subvenir par leur travail aux nécessités de l'existence ;
  • individus occupant leur habitation principale avec des personnes majeures ou mineures remplissant les critères ci-dessus.

Bon à savoir : pour obtenir cet abattement, il faut en faire la demande au centre des finances publiques.

Exonération de la taxe d'habitation : cas spécifiques

Locaux affectés à l'hébergement des salariés agricoles et des apprentis

Dans certains cas, il est également possible de bénéficier d'une réduction de la valeur locative et donc du montant de la taxe d'habitation.

Cette réduction s'applique uniquement à deux types de locaux :

  • les locaux affectés à l'hébergement des salariés agricoles ;
  • les locaux affectés à l'hébergement des apprentis.

La réduction prend en compte le nombre de jours d'occupation du logement par rapport à celui d'une année entière. Le contribuable doit en faire la demande, avant le 1er janvier de chaque année, au service des impôts du lieu où se situe le local.

Bon à savoir : les salariés et apprentis ne peuvent être des membres du foyer fiscal, ni des descendants ou ascendants du contribuable.

Relogement

Les personnes relogées suite à la démolition de leur logement dans le cadre d'un projet de rénovation urbaine peuvent bénéficier d'une réduction de taxe d'habitation si le montant de la taxe pour le nouveau logement est supérieur à celui de l'ancien logement.

Le montant de la réduction correspond donc à la différence entre la taxe d'habitation payée pour l'ancien logement et celle due pour le relogement. Cette réduction peut être accordée pour une durée maximale de 3 ans.

Nouveau dégrèvement de taxe d'habitation à compter de 2018

Principe : dégrèvement linéaire de 30 %

À compter de 2018, et pour les contribuables qui ne bénéficient pas de l'une ou l'autre des exonérations totales ou partielles de taxe d'habitation évoquées ci-dessous, la loi de finances pour 2018 instaure un nouveau dégrèvement. 

Pour 2018, la loi de finances instaure un dégrèvement de 30 % de taxe d'habitation :

  • due sur la résidence principale ;
  • par tous les contribuables dont le revenu fiscal de référence de l'année 2017 ne dépasse pas un certain montant qui varie selon la composition des foyers fiscaux (article 1414 C du CGI).

Le revenu fiscal de référence 2017 ne doit pas dépasser les plafonds ci-dessous :

Quotient familial                                            

Montant du revenu fiscal de référence                                                    

1 part

27 000 €

1,5 part

35 000 €

2 parts

43 000 €

2,5 parts

49 000 €

3 parts

55 000 €

3,5 parts

61 000 €

4 parts

67 000 €

4,5 parts

73 000 €

5 parts

79 000 €

À noter : sous les mêmes conditions de revenus, le dégrèvement sera porté à 65 % en 2019 pour aboutir à une exonération totale en 2020. Attention, ce dégrèvement ne s'applique pas au contribuable redevable de l'impôt sur la fortune immobilière l'année précédente (ou de l'ISF en 2017).

Dégrèvement dégressif

Afin de contrer les effets de seuils, la loi de finances pour 2018 instaure un dispositif de lissage pour les contribuables qui dépassent les plafonds ci-dessus. 

Pour bénéficier de ce dégrèvement dégressif, le revenu fiscal de référence de ces contribuables ne doit pas dépasser les plafonds majorés suivants :

  • 28 000 € pour 1 part de quotient familial ;
  • 36 500 € pour 1,5 part de quotient familial ;
  • 45 000 € pour 2 parts de quotient familial ;
  • + 6 000 € pour chaque demi-part supplémentaire.

Le calcul du dégrèvement dégressif s'effectue par obtention d'un coefficient qui est ensuite multiplié par le montant du dégrèvement qui aurait été appliqué avec le plafond non majoré. Le coefficient est égal à :

  • au numérateur, la différence entre le plafond majoré et le montant du revenu fiscal de référence du contribuable ;
  • au dénominateur, la différence entre le plafond majoré et le plafond non majoré.

Exemple : un contribuable célibataire a un revenu fiscal de référence de 27 500 en 2017. En 2018, sa taxe d'habitation est de 500 . Son revenu fiscal de référence étant supérieur au plafond non majoré (27 000 ) mais inférieur au plafond majoré (28 000 ), il bénéficie en 2018 d'un dégrèvement dégressif. Le dégrèvement sans application du coefficient aurait été de 500 (montant de la taxe d'habitation) x 30 % (montant du dégrèvement) = 150 . Le coefficient pour le calcul du dégrèvement dégressif est de (28 000 - 27 500) ÷ (28 000 - 27 000) = 0,5. Le dégrèvement final est donc de 150 (dégrèvement sans application du plafond majoré) x 0,5  = 75 . Pour 2018, ce contribuable payera une taxe d'habitation de 500 - 75 = 425 .


Pour aller plus loin



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